Méditation du Père Bruno de Mas Latrie, délégué aux vocations pour le diocèse de Paris
Entrer dans l’Avent avec un cœur disponible pour Dieu
Remerciements au chœur des moines de Fontgombault, Noël grégorien

Il n’y avait pas de place pour eux. Cette phrase résonne comme un constat douloureux : le monde ne sait pas accueillir son Dieu. Et pourtant, Dieu ne se décourage pas. Dieu naît là où le monde ne l’attend pas, dans le dépouillement d’une étable, dans la pauvreté. Il aurait pu choisir un palais, un lieu éclatant, des signes qui impressionnent et imposent sa gloire. Mais Dieu préfère se faire petit, humble, accessible.
Le Verbe vient habiter notre humanité, non dans la puissance, mais dans la fragilité, dans ce qui manque, là où le cœur peut s’ouvrir et accueillir. Voici les bergers, simples veilleurs de la nuit, auxquels s’adresse le premier chant céleste : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » La joie de Noël commence là : dans le silence attentif de ceux qui écoutent, dans le cœur disponible à la surprise de Dieu. Ils partent sans attendre, ils courent, ils voient, ils annoncent. Leur rencontre avec l’enfant emmailloté transforme l’émerveillement en mission. Noël nous enseigne que notre gloire ne consiste pas à briller par nous-mêmes, mais à laisser la lumière de Dieu traverser nos gestes et nos paroles.
La crèche nous interpelle : combien de fois refusons-nous la place à Dieu dans nos vies, par orgueil, distraction ou peur ? Combien de fois cherchons-nous des signes grandioses plutôt que de reconnaître sa présence dans la simplicité, dans l’ordinaire ? Dieu se glisse dans nos réalités concrètes, dans nos instants pauvres et discrets. Là où nous croyons qu’il n’y a rien, Dieu prépare sa crèche. La crèche n’est pas un décor pittoresque : elle est le symbole de la gratuité de Dieu, de sa proximité avec ceux qui sont exclus, oubliés ou pauvres. Désormais, chaque fois que nous accueillons la fragilité, la simplicité, l’amour vrai, nous refaisons place à Dieu.
Comme les bergers, nous sommes appelés à devenir messagers de cette joie et de cette paix. Là où nous pensions ne rien avoir à offrir, Dieu prépare sa crèche. Là où nous pensions n’avoir rien à dire, Dieu nous envoie témoins.
Seigneur, fais que je t’accueille dans ma vie, même dans mes manques, mes limites et mes fragilités.
Apprends-moi à laisser ton Cœur illuminer mes gestes et mes paroles, et à devenir messager de ta joie et de ta paix pour le monde.