Questions / réponses

Au moment de faire le pas, j’hésite…

Attirée par la vie religieuse, la communauté que je connais a accepté mon entrée prochaine au noviciat. Alors que c’est mon désir depuis longtemps, j’hésite…maintenant car j’aimerais être sûre que c’est bien là que le Seigneur me veut. Que faire ?

Comment être sûr de son choix à 100 % ? En réalité, c’est impossible, la seule certitude viendra avec l’engagement définitif : alors tu seras sûre que Dieu te veut là pour lui redire « oui » chaque jour.

Il ne faut pas négliger de replacer un tel choix dans ton histoire, sa cohérence, les grâces reçues avec cette communauté. Essaie de clarifier tes objections pour savoir s’il ne s’agit pas d’un leurre. L’Adversaire tente parfois des manœuvres désespérées au moment où les choses vont se nouer en faveur du Royaume de Dieu. Et puis l’entrée au noviciat ne demande pas encore un oui définitif.

 

Avoir plutot recours à un psychologue ou un accompagnateur spirituel ?

Quelle différence entre une écoute spi et une écoute psy ?

Les deux écoutes se complètent.

Le psychologue et le psychanalyste se fondent sur la particularité de leurs sciences pour aider les personnes à retrouver une maitrise d’elles-mêmes, à dépasser certaines angoisses et questions existentielles, à soigner et à guérir des maladies importantes telles que des névroses ou des psychoses. Leur science peut être utile également pour mieux se connaitre. Ils donnent des éléments de réflexion pour prendre parfois des décisions concernant l’avenir professionnel ou les études. Les consulter, c’est chercher à éclairer le chemin du passé pour se préparer sereinement à l’avenir. Ce regard scientifique fait abstraction, par méthode, de l’acte de foi.

L’accompagnateur spirituel écoute tout sous la lumière de Dieu, dans sa globalité, dans l’unité personnelle dont chacun vit, et il considère comment la liberté se dispose à la volonté et à l’action du Seigneur. Il s’ouvre ainsi à l’œuvre de l’Esprit-Saint qui agit dans l’être personnel tel qu’il est, dans sa liberté, son affectivité, son corps, son esprit. Le regard posé n’est pas d’ordre scientifique, mais de foi : Dieu agit, parle, guérit son enfant. Il peut le faire de plusieurs manières. L’accompagnateur sera plus attentif aux mouvements du cœur profond (manière de prier), qu’aux expressions ponctuelles ou partielles de la personne. Il prendra soin de l’histoire de chacun en tant que mouvement, sens, appel de Dieu incarné. Son discernement et ses conseils concernent toujours la foi, l’espérance et la charité.

Ces approches distinctes peuvent se compléter.
Tandis que le psychologue cherche à faire disparaître un mal-être, l’accompagnateur spirituel aide à trouver son sens et à porter avec le Christ blessures et fragilités. Des situations de souffrance sont parfois intimement liées au devenir spirituel de la personne.

 

Ne serais je pas plus utile ailleurs ?

Je m’interroge sur la vie monacale en retrait du monde ?

Vivre dans le silence, à l’écart, alors que nous sommes invités à annoncer l’Évangile, à témoigner de l’amour de Dieu par nos actes de charité, n’est-ce pas contradictoire ? Le silence et la solitude permettent la rencontre intime avec le Seigneur. Heureusement, ils n’empêchent pas une vie communautaire riche ! Car la vie fraternelle constitue l’un des piliers de la vie monastique. La charité s’exerce là, bien concrètement, dans le soutien fraternel, les dons partagés, l’amour mutuel.

Par ailleurs l’accueil des visiteurs ou des retraitants est souvent très important pour ces monastères. Permettre à d’autres une halte spirituelle, un havre de silence et de repos, n’est-ce pas répondre aux besoins les plus profonds des hommes de notre temps ?

Plus encore, la vie monastique nous apprend que la charité ne se limite pas aux actes, aux gestes. Les moines et moniales, en s’offrant pleinement à l’amour de Dieu et en intercédant pour le monde, se font les témoins de cet amour divin brûlant pour chacun de nous.

Prier avec la Parole de Dieu :
« Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10,38-41)

 

Religieux apostolique et laïc consacré ?

Quelle est la différence entre les religieux apostoliques et les laïcs consacrés ?

Un peu comme l’être humain, homme ou femme, les ressemblances sont plus grandes que les différences.

Les uns et les autres sont des membres de l’Eglise. Ils cherchent à vivre leur baptême et leur confirmation. L’eucharistie est au centre et au sommet de leur vie. Ils tendent à la perfection de l’amour du Christ et de l’Eglise. Par ailleurs, tous les religieux sont des consacrés mais l’inverse n’est pas vrai. Ainsi, en vis-à-vis de la consécration baptismale, religieux et laïcs consacrés ont encore en commun une consécration à un titre nouveau et particulier à Dieu et une union d’une façon spéciale à l’Eglise. En un mot, ils se sont donnés totalement au Christ et à l’Eglise.

Où se situent alors les différences ? Les religieux(ses) apostoliques s’engagent de manière publique à vivre les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et à les pratiquer dans le cadre d’une vie apostolique, i.e une vie qui comporte une annonce explicite de l’Evangile. Les laïcs consacrés se donnent de manière exclusive à Dieu tout en conservant un lien particulier avec la société et sans que cela implique de soi une vie apostolique.

 

Le plan d’amour de Jésus

Si Jésus a un plan d’amour pour moi, suis-je vraiment libre ?

Voilà une question vraiment difficile qui demande de prendre le temps d’y réfléchir.

Notre Dieu a un plan pour nous, pour toute l’humanité : « Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ » (Ep 1,5). Parce qu’il nous aime, il veut nous sauver et fait de nous des fils/filles de Dieu, rendus capables de faire ce que fait Jésus.

Mais Dieu nous a créés libres, il nous fait participer à la Création et acteur de notre vie. Nous ne recevons pas tout sur un plateau !

Nous pouvons avoir du mal à comprendre comment nous pourrions répondre librement à un plan voulu de toute éternité. Cela peut aussi nous effrayer : Comment être certain de faire la volonté de Dieu ?

Nous ne sommes pas des marionnettes ! Dieu désire que nous soyons libres. Il nous invite à habiter son projet avec tout ce que nous sommes. Dieu est la source même de notre liberté et c’est lorsque nous sommes pleinement en relation avec Lui que nous sommes vraiment nous-mêmes et donc réellement libres.

Dieu s’adresse à chacun de nous, personnellement. En disposant notre cœur pour l’écouter, nous apprenons à reconnaître parmi nos désirs, nos aspirations, ce qui vient de Lui et nous permettra de Lui donner notre réponse. Une réponse qui comprendra tout ce que nous sommes et qui nous rendra libres !

Dieu est plein d’amour et de miséricorde et quels que soient nos choix, même lorsque nous nous éloignons de Lui, il nous est toujours possible de revenir à Lui et de répondre à son appel.

Prier avec la Parole de Dieu :
« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.
Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. » (Jn 15, 8-14)

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ : voilà ce qu’il a voulu dans sa bienveillance » (Ep, 1, 3-5)

 

Discerner sa vocation

Je n’arrive pas à discerner ma vocation, comment faire ?

Cela n’est en effet jamais facile. On peut avoir l’impression, malgré notre bonne volonté, de ne rien entendre du tout de la part de Dieu… On piétine, on s’inquiète, on ne comprend rien. Et cette incertitude nous pèse. On aimerait tellement avancer, choisir, s’engager.

Alors s’ouvre le temps de la confiance en Celui qui nous aime et veut notre bonheur. Nous sommes faits pour remplir une mission dans le monde, dans l’Église. Ces temps d’attente, et souvent de souffrance, sont remplis de promesses et portent déjà un fruit mystérieux.

Ils nous apprennent la foi, base de toute vocation. Peut-être que Dieu nous forme à la patience… et notre joie sera d’autant plus grande lorsque nous aurons compris, trouvé où Dieu nous attend ! Dans ces moments, nous pouvons compter sur la prière de l’Église qui accompagne spécialement ceux qui sont dans la nuit.

L’essentiel est de ne pas rester passif. Il y a des moyens concrets qui permettent d’avancer. Parle de tes questions à une personne de confiance qui pourra t’accompagner au niveau spirituel. Relis ton histoire pour voir comment Dieu a pu te parler à travers les événements et les particularités de ta vie. Et puis surtout prie régulièrement, avec confiance et persévérance. La lumière de l’Esprit te sera donnée à un moment donné.

Actualités

Chaque jeudi durant le temps scolaire, la messe de 12h15 à St Germain-l’Auxerrois (Paris 4e) est célébrée avec les séminaristes, pour les bienfaiteurs de l’Œuvre des vocations et leurs familles.

À lire, à voir, à écouter

La parole du Pape émérite Benoît XVI
En s’adressant aux parents de séminaristes, il leur rappelle qu’ils sont « impliqués dans l’aventure merveilleuse de leurs fils ».

A lire dans le magazine Vocations

Père Adrien Comerre, prêtre du diocèse de Versailles :  J’ai choisi l’émerveillement

Père Adrien Comerre

Comment discerner une vocation religieuse ?

L´abbé Pierre-Hervé Grosjean répond en 3 mn à la question de Rose, 25 ans : « Je chemine pour discerner ma vocation religieuse au sein d´une communauté. Elle reconnaît le sérieux de ma vocation mais me dit qu´il ne m´est pas permis d´entrer au noviciat cette année. Pourquoi ces obstacles sur le chemin de la vocation ? Et pourquoi est-ce si difficile de donner toute sa vie à Jésus ? »

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