
Dimanche 15 mars, 4e dimanche du Carême : « Je crois, Seigneur ! »
« Je crois, Seigneur ! » Telle est la profession de foi de l’aveugle-né, guéri par Jésus. Les tracas, insistants, que lui causent les Pharisiens ne l’atteignent guère, tant est vive sa conscience que Jésus est la lumière du monde. Aux Pharisiens, justement, Jésus s’était déjà présenté comme tel : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 12, 8). Quelle réponse leur avaient-ils faite ? « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage ». Singulier contraste avec le « Je crois, Seigneur ! » de l’aveugle-né.
Il n’y pas que les Pharisiens, qui soient atteints de cécité. Nous pouvons l’être, nous aussi. Tenez, par exemple, à propos des nombreux catéchumènes que nous accompagnons jusqu’à Pâques, qui vont être au centre de la réflexion de nos églises d’Ile-de-France réunies en Concile, notre archevêque relevait dimanche dernier, à Notre-Dame, notre difficulté à les accueillir, et même à simplement les repérer. « Aujourd’hui, relevait-il, le signe devient assez clair parce qu’ils sont nombreux, mais jusqu’à présent ? Il y avait déjà beaucoup de catéchumènes dans les paroisses, est-ce nous y faisions attention ? Est-ce que nous ne considérions pas que c’étaient des hommes et des femmes que l’on va baptiser à Pâques mais qu’on ne connaissait pas avant et qu’on ne connaîtra pas ensuite ? Est-ce que cela n’était pas notre attitude ? Heureusement ils deviennent un peu plus nombreux, un peu plus visibles et cela nous interroge ; heureusement que, dans cette Province de Paris, nous allons tenir un concile sur ce sujet, pour nous rendre plus attentifs à ce don que Dieu fait à son Église ».
Ce qui est vrai de ces catéchumènes est vrai de tout signe de la présence de Dieu. Affairés ailleurs qu’à l’essentiel, nous ne prêtons pas attention à Sa présence, aux directions qu’Il nous montre, aux conversions qu’Il nous propose. Le temps du Carême est un temps pour aller, nous aussi, trouver Jésus. Comme l’aveugle envoyé à la piscine de Siloé (ce mot signifie Envoyé), le Christ nous envoie vers les lieux de notre guérison, afin qu’enfin, nous puissions voir.
Chers amis qui soutenez l’Œuvre des vocations, un prêtre m’a récemment raconté son récit de vocation tardive. Laissant tout pour le suivre (en l’occurrence un vif désir de fonder une famille et une compagne disponible au mariage), il a quitté Jésus et il s’étonne encore de la réponse qu’il donnait à tous ces « pourquoi » qu’on lui opposait alors : « J’ai remarqué que les gens sont aveugles. Ils ne perçoivent plus la présence de Dieu, son amour pour chacun. C’est parce que les gens sont aveugles que je veux devenir prêtre ».
Recouvrer la vue pour accueillir ceux qui se préparent au baptême. Tel pourrait être notre exercice spirituel de cette semaine. Demander au Seigneur la grâce de voir. En nous aidant par exemple des paroles de cette hymne de Carême :
Pourquoi rester sur vos ornières.
Baissant vos fronts d’aveugles nés ?
Vous avez été baptisés !
L’amour de Dieu fait tout renaître.
Croyez Jésus : c’est l’Envoyé !
Vos corps à son corps sont branchés :
Prenez à lui d’être lumière.