Retraite de Carême 2026, 7e enseignement de Mgr Emmanuel Tois

Dimanche 29 mars, Solennité des Rameaux et de la Passion du Seigneur : « Hosannah au Fils de David ! »

Avec les foules qui marchaient avec Jésus à Jérusalem, joignons nos voix, ce dimanche, à toutes celles qui l’acclamèrent jadis : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

Comme le rappelle saint Matthieu, Jésus accomplit la parole du prophète Zacharie : « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme », et la foule semble comprendre ce qui se passe : elle crie. Elle crie : « Hosannah au Fils de David ! » Car elle est en train de vivre l’entrée dans la ville sainte du Messie attendu par Israël.

La foule ne cessera pas de crier. Mais les cris, en quelques jours, auront changé de registre. Ce seront des cris de mort. La foule est versatile.

Et nous, alors ? Ne nous trouvons-nous pas constamment en contradiction avec nous-mêmes ? Ne sommes-nous pas facilement capables d’oppositions franches entre nos paroles d’un jour et celles du lendemain, entre ce que disent nos lèvres et ce qu’exprime le fond de notre cœur, oppositions entre nos paroles et nos actes, entre la foi que nous proclamons et la vie que nous menons ?

Les catéchumènes, que nous suivons tout ce Carême pendant que se prépare notre Concile qui leur est consacré, à eux et aux néophytes, vivent ce dimanche la reddition du Credo. Ils disent, devant leur communauté, le texte de la profession de foi qu’ils ont reçue au début du Carême. Ils sont invités à vivre non pas une opposition entre ce qu’ils ont reçu et ce qu’ils proclament, mais la profonde unité que Dieu opère en eux à mesure qu’ils approfondissent leur foi. Demandons, nous aussi, cette grâce d’unification. Il n’y a pas deux êtres en nous, il y a celui qui veut suivre le Christ.

A chacun d’entre nous comme aux catéchumènes, le Seigneur dit aussi aujourd’hui : « effetah », c’est-à-dire « ouvre-toi ». Dans leur communauté, les catéchumènes vont recevoir cette parole, et avec elle comprendre que la grâce est nécessaire pour vivre leur foi chrétienne. Pour recevoir utilement la grâce, il faut s’ouvrir. Ce deuxième rite proposé aux catéchumènes le dimanche des Rameaux nous invite nous aussi à ne pas laisser sans effet la grâce de notre baptême et de notre confirmation.

« Effetah ». Que ces paroles nous aident donc à ouvrir la porte de notre cœur, à ouvrir les portes que nous avions fermées, à dissoudre aussi, dans le sacrement du pardon, ce qui peut obstruer le canal de nos relations avec Dieu.