Retraite de Carême 2026, 8e enseignement de Mgr Emmanuel Tois

Jeudi 2 avril, Jeudi saint : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? »

« J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » Ces paroles (Lc 22, 15-16) sont prononcées par Jésus au moment où il entre dans sa Passion. Pour procurer aux hommes la libération de toutes leurs captivités issues du péché et de la mort à laquelle il conduit, Jésus s’inscrit dans la mémoire de la libération de la captivité d’Egypte. C’est la Pâque du Seigneur. Avec lui nous entrons dans la célébration de ces journées pascales, ce triduum pascal.

Au cours du repas de la Pâque, Jésus « se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples » (Jn 13, 4-5). Nous vivrons ce geste lors de nos célébrations liturgiques. Quel sens donner aujourd’hui à ce geste ?

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus leur pose justement cette question : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?, demande Jésus à ses disciples dont il vient de laver les pieds. Comprenez-vous ? « Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

« Comme j’ai fait pour vous ». Jésus répétera ce « comme » toute cette soirée du Jeudi saint. « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). « Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15, 4). « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour (Jn 15,9). Puis de nouveau : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12) et encore « garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes » (Jn 17, 11). « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jn 17, 21-23).

Etre comme Lui, qui est Dieu, faire comme Lui, est le propre la vie chrétienne, de la vie à sa suite. En célébrant ce soir l’institution de l’eucharistie, en nous souvenant en particulier que nous allons contempler en ces jours saints l’absolu de l’amour, nous pourrions nous souvenir de cet exemple donné par Jésus afin que nous fassions, là aussi, comme il a fait pour nous. Ne nous disons pas que nous n’en sommes pas capables. Par la grâce de l’eucharistie, par les mérites de la mort et de la Résurrection par lesquelles Jésus a vaincu les puissances du mal, nous souvenant donc que trois jours sont déjà tout remplis de la Résurrection du Christ, nous pouvons laisser Dieu affermir notre volonté et être capable de Le suivre dans l’absolu de l’amour.