
Mercredi 18 février, mercredi des Cendres : « rends-moi la joie d’être sauvé »
Chers amis bonjour,
« Rends-moi la joie d’être sauvé ! », demandons-nous à Dieu par le psaume de la messe de ce mercredi des cendres. Comme une supplique, un appel au secours : « Rends-moi la joie d’être sauvé ! ». Ce cri, nous sommes nombreux à le pousser, dans nos liturgies d’entrée en Carême : chrétiens habitués, jeunes accourus nombreux, comme ce fut le cas l’an dernier, appelés les uns par les autres sur les réseaux sociaux, catéchumènes qui se réjouissent de cette dernière ligne droite avant leur baptême dans la nuit de Pâques.
« Rends-moi la joie d’être sauvé ! »
Cette supplique, ce cri, nous renvoie à notre vocation à tous, celle reçue lors de notre baptême, la vocation à la sainteté. Sauvés, et donc devenus saints. C’est notre destinée ultime. Nous savons bien que c’est au cœur de cette vocation originelle, reçue au baptême, que naissent toutes les vocations : dans la vie laïque, dans le mariage ou dans le célibat, dans la vie consacrée et la vie religieuse, dans les ministères de prêtre et de diacre. En embarquant dans notre prière toutes celles et ceux qui se préparent au baptême ou ont reçu le baptême ces dernières années, nous nous joindrons aux communautés de nos diocèses d’Ile-de-France qui s’apprêtent à vivre un concile, une assemblée chrétienne désireuse d’accueillir ce mouvement croissant d’entrée de personnes adultes dans l’Eglise. Nous nous joindrons à ceux qui déjà prient et discernent les chemins de l’accueil de ces nouveaux Chrétiens. Oui, par notre prière pendant le Carême, nous sommes invités à nous joindre à ce concile qui cherchera comment aider nos paroisses et communautés à devenir davantage « catéchuménales », plus soucieuses d’accueillir, d’accompagner et d’incorporer celles et ceux qui veulent devenir chrétiens.
« Rends-moi la joie d’être sauvé »
Cette phrase est extraite du psaume 50, le miserere, le psaume de la pénitence, celui du pécheur, celui de toute l’Eglise le vendredi matin. Il commence ainsi : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense ». Oui, nous le savons bien, si nous ne sommes plus connectés à Dieu dont l’Esprit repose en nous, c’est souvent parce que notre péché abîme cette relation. Cette relation oui, qui est un mot quand même infiniment plus beau que le mot de connexion. Relation car Dieu, qui est notre Père, se montre aussi notre ami, celui qui quémande auprès de nous une amitié. Jésus nous le rappellera, le Jeudi saint : « Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis » (cf. Jn 15, 15). Pour retrouver cette amitié, ou en tout cas mieux la vivre, centrons-nous sur nos défauts, au lieu de nous préoccuper de ceux des autres. Considérons notre péché, avec sérieux et gravité. Prenons le temps, sous le regard de Dieu, de regarder ce qui en nous peut lui déplaire. Et déterminons-nous à corriger durablement tel ou tel tort en nous.
« Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages » (Is 58, 4a).
Et si cette parole était pour nous, pour moi ? Et si Dieu, par le prophète Isaïe, avait envie de nous dire, à nous aussi : « Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix » (Is 58, 4b). Au début de ce Carême, l’Eglise nous invite au jeûne. Notre pratique à ce sujet ne doit pas faire abstraction de ces paroles. Pas plus que de celles-ci : « Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? » (Is 58, 6-7).
Ce jeûne-là, agréé par le Seigneur, est à la fois jeûne et aumône. Ne nous en privons pas.
« Alors, poursuit Isaïe, ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi » (Is 58, 8-10).
Alors sera exaucée ta prière du mercredi des cendres car alors, pourrait-on dire, te sera rendue la joie d’être sauvé.
Je me réjouis beaucoup de vous retrouver chers amis, chacun des dimanches du Carême, puis chaque jour du Jeudi saint jusqu’à Pâques.