Retraite de Carême 2026, 2e enseignement de Mgr Emmanuel Tois

Dimanche 22 février, 1er dimanche du Carême : « Je crois ! »

« En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable » (Mt 4, 1).

La phrase liminaire de l’Evangile de ce premier dimanche de Carême peut nous surprendre. « Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable ». Immédiatement après son baptême, ayant reçu l’onction de l’Esprit saint, Jésus est conduit par celui-ci. Rien que de très compréhensible. Au désert, pourquoi pas, mais pour être tenté par le diable. On comprend que si l’Esprit saint conduit Jésus au désert, c’est pour qu’il soit tenté. Il faut qu’il le soit. Un peu comme il fallait qu’il soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite (cf. Lc 24, 7).

Comme chrétien, il nous arrive de connaître le désert. Je veux dire son aridité, sa sécheresse. « Je prie, mais c’est comme si Dieu n’était pas là, ne m’écoutait pas » ; « je prie, mais je ne ressens rien » sont des paroles qu’on entend souvent, que nous pensons ou disons peut-être souvent à propos de nous-même. Quand bien même nous nous savons habités par l’Esprit. Ces moments-là sont des moments où l’adversaire de Dieu, le démon, sait se faire agissant, nocif. La tristesse, le découragement, sont des moyens qu’il utilise pour nous détourner de Dieu. Diviseur, jusqu’à l’intérieur de nous-même, menteur, il cherche à opposer à notre décision de suivre le Christ toutes sortes d’arguments pour nous convaincre que nous faisons fausse route. La foi étant le terrain de la confiance manifestée à Dieu, il essaie de l’ébranler par le mensonge, nous faisant finalement concevoir que ce serait Dieu qui mentirait par une parole inepte, une parole qu’on ne peut croire, une parole fausse, donc.

Observons avec quelle force le Christ, pourtant physiquement faible parce qu’affamé, résiste à ces tentations, les déjoue. La Parole de Dieu, dans sa vérité et non ses interprétations douteuses, l’amour de Dieu, le seul qu’on adore, sont autant de remparts qui le gardent. Méditons la justesse de l’attitude de Jésus. Tentons de la transposer dans nos vies, dans les situations dans lesquelles nous nous savons fragiles, prêts à chuter. Puisons-y de la force. Si Jésus est conduit au désert pour y être tenté, c’est pour nous montrer qu’à sa suite, nous sommes capables, fortifiés par l’Esprit, de tenir bon comme lui.

Le Credo

Le tentateur s’attaque souvent à notre foi. Parce qu’il sait qu’elle nous sauve. C’est pourquoi dès le début du Carême, immédiatement après avoir été appelés par l’évêque, les catéchumènes, reçoivent le Symbole de la foi, le texte du Credo. Dans de nombreux lieux cela se passe ce dimanche. Ce Credo, ces nouveaux chrétiens le prononceront le jour des Rameaux, avant de le répéter, dialogué avec le célébrant, dans la nuit de Pâques, nuit de leur baptême. Si le don de la foi leur sera fait cette nui-là, ils savent déjà, et nous pouvons en témoigner devant eux, que ce don de Dieu ne grandit que par l’effort de notre volonté : dans la régularité dans la prière, dans l’amour de Dieu et du prochain, dans la fréquentation des liturgies et des sacrements. C’est à notre volonté que l’adversaire s’attaque souvent. Mais c’est notre volonté que l’Esprit saint, mobilisé dans la prière, fortifie magnifiquement.

En accompagnant ces nouveaux chrétiens sur le chemin de la foi, entourons-les, prions pour eux. Demandons au Seigneur de leur donner le désir d’ouvrir leur cœur au don de la foi qui va leur être fait, en complément solide de la foi commençante qu’ils sont déjà capables d’exprimer mais qui n’est pas encore sacramentellement donnée. Demandons aussi au Seigneur de faire croître notre foi. Malgré tous nos déserts. Demandons-Lui de savoir demeurer en relation avec Son Esprit, présent en nous pour toujours.

Oui Seigneur, c’est par la foi que tu nous sauves et nous rend justes. Augmente en nous le désir de te suivre, fais grandir en nous la foi !