
Dimanche 8 mars, 3e dimanche du Carême : « une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »
« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Cette source, dont Jésus parle en cette page d’évangile du troisième dimanche du Carême, dans son dialogue avec la Samaritaine, est l’eau qui étanche toutes nos soifs. Parmi elles, celle d’être pardonné a partie liée avec l’amour : plus nous aimons une personne que nous avons blessée, plus notre soif d’être pardonné par elle est grande. Plus nous l’aimons, plus nous percevons aussi à quel point notre péché nous blesse nous-mêmes.
Un chemin de conversion
Les adultes qui seront baptisés à Pâques dans nos communautés vivent ce dimanche un premier scrutin, une démarche pénitentielle. En se préparant au baptême, ils se sont incontestablement engagés dans un chemin de croissance qui est aussi un chemin de conversion. Tout ce que leur vie passée peut comporter de péché sera pardonné par le baptême qu’ils recevront. Il arrive parfois qu’ils soient tellement marqués par ce que le mal a produit dans leur vie qu’ils demandent à recevoir le pardon de Dieu avant même le baptême. On leur explique alors que que ce n’est pas sacramentellement possible, que le baptême est la porte d’entrée des sacrements, mais aussi que le pardon leur sera intégralement donné dans le baptême. Il arrive, et c’est toujours très beau, qu’en l’absence de tout sacrement ils demandent à revenir sur leur vie passée en présence d’un prêtre, sous le regard de Dieu. Tout cela avant le baptême. Ceux-là ont conscience, grâce de la conversion récente, sans doute, que s’il a blessé telle ou telle personne, leur péché a aussi blessé Dieu ou au moins l’a déçu. Et le poids dont ils veulent être libérés devient le signe de la force de l’amour que, déjà, ils portent à Dieu.
Nul doute que le Concile provincial que nous allons célébrer soit l’occasion de rendre grâce de cela. Rendre grâce de l’amour que les catéchumènes, souvent, portent à Dieu. Nous pourrions nous mettre à leur école. Car leur chemin de conversion, c’est aussi le chemin de toute la vie chrétienne. Celui qui ne parvient plus à discerner son péché, celui qui ne demande plus à en être pardonné parce qu’il désespère de sans cesse y retomber, souffre parfois d’un déficit d’amour pour Dieu. Et si c’était moi ? Si c’était vous ? Et si ce déficit était le signe d’un autre déficit, celui de la prière, le signe qu’en fait je parle de moins en moins à Dieu, que je l’écoute de moins en moins, peut-être plus du tout.
La démarche de nos catéchumènes ce dimanche et les deux prochains peut nous aider à nous remettre en route. Où en suis-je de l’amour, l’amour pour Dieu ? L’amour pour le prochain ? Que produit en moi mon péché en termes de regret, de contrition ? Suis-je à ce point centré sur moi-même que ces questions m’indiffèrent, ou suis-je au contraire désireux de regarder sincèrement ma vie dans la pleine lumière de l’amour que Dieu me porte, pour faire la vérité devant lui et me jeter dans ses bras comme le fils prodigue de l’évangile ?
Ce sont toutes ces questions, et tant d’autres, que la démarche publique des catéchumènes au cœur de nos communautés nous invitent à nous poser.