
Samedi 4 avril, Samedi saint : « Dieu est mort dans la chair »
Comme le proclame l’homélie ancienne pour le grand et saint samedi que nous écouterons dans un instant, « Dieu est mort dans la chair ». « Et nous qui espérions … » pourrions-nous dire avec les disciples d’Emmaüs avant que s’ouvrent leurs yeux (cf. Lc 24, 31). Des païens, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus au pied de la Croix, témoins du drame, de l’incompréhensible drame, la mort de Celui en qui tant d’espoirs s’étaient levés, témoins de l’absurde, la mort de Dieu, des païens avaient pourtant pressenti ce que les disciples d’Emmaüs ne découvriront qu’à mesure que leur cœur se réchauffera : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » (Mt 27, 54). Oui, c’est le Fils de Dieu qui est mort. Pleinement mort pour pouvoir mourir, s’apprêtant à détruire la mort parce qu’il est pleinement Dieu. Mais pour l’heure, il nous faut attendre.
C’est le sens du Samedi saint. Il est un mystère. Mystère d’un entre-deux. Entre les ténèbres du Vendredi et la lumière de la nuit de Pâques.

L’heure est au silence, au recueillement. L’attente est énigmatique, le deuil profond. Dieu est caché. Cet entre-deux est le lieu de l’inconnu. Un terrain pour l’espérance.
Nos tabernacles sont vides, nos églises sombres, nos cloches muettes. Oui mais … si nous fermons les yeux nous entrevoyons déjà la lumière du matin de Pâques. Si nous entrons dans le silence, nous entendons poindre les alleluia.
L’attente est espérance.
Une espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5).
Je vous laisse écouter maintenant cette homélie saisissante. Et je vous souhaite une sainte journée dans l’espérance.