
Dimanche 5 avril, Solennité de la Résurrection du Seigneur : « le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité »
« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres ». Ainsi commence le passage d’évangile du matin de Pâques, tiré de l’Evangile selon saint Jean (Jn 20, 1-9). Il se passera un moment avant que les ténèbres se dissipent et que Marie-Madeleine puisse s’écrier aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! » Ce temps est celui de la croissance de la foi.
Il est bien marqué par le chapitre 15 de la première épître de saint Paul aux Corinthiens : un temps pour passer de la connaissance de foi intellectuelle à l’exclamation du cœur. Ecoutons : saint Paul commence par proclamer que « si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; » (1 Co 15, 14). Passant de la Résurrection du Christ à ce qu’elle nous apporte, saint Paul nous aide à franchir un palier : « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. » (1 Co 15, 17-18). Ce qui nous permet d’affirmer avec lui, exclamation du cœur : « Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. » (1 Co 15, 20). La Résurrection du Christ première de celle de toute l’assemblée des sauvés.
Il nous faut bien comprendre que la Résurrection de Jésus a une incidence aussi directe que puissante sur la destinée de l’homme. « Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal » (Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et spes, n° 22-5). Cela signifie que l’Esprit Saint produit en l’homme deux effets fondamentaux.
Cela veut dire d’abord que par la Résurrection du Christ, l’homme est entièrement renouvelé. Ayant reçu les « prémices de l’Esprit » (Rm 8, 23), l’homme est rendu « capable d’accomplir la loi nouvelle de l’amour » (Ibid., n° 22-5). Il reçoit la force de combattre le mal. Il reçoit aussi la force de vivre dans l’Esprit Saint le combat de la charité.
Cela veut dire ensuite que l’homme vit dans l’attente de la rédemption du corps (Rm 8, 23). « Si l’Esprit de celuil qui a ressuscité Jésus d’entre les morts demeure en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8, 11) (Ibid., n° 22-4).
Finalement, « fortifié par l’espérance, [le chrétien] va au devant de la Résurrection » (Ibid., n° 22-4). Non seulement le chrétien, mais aussi « tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce » (Ibid. 22-5). « Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal » (Ibid. 22-5). « Telle est la qualité et la grandeur du mystère de l’homme » (Ibid. 22-6), qualité et grandeurs obtenues par la Résurrection du Christ.
Chers amis, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !