La famille, éducatrice des vocations

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famille en promenade

La « famille, éducatrice des vocations » est a priori une formule problématique. La famille peut-elle éduquer – c’est-à-dire former – des vocations ? La vocation n’est-elle pas du seul ressort de l’initiative divine ? Et pourtant le récit évangélique témoigne de médiations familiales de l’appel du Christ. Ainsi en est-il de Simon conduit à Jésus par son frère André (cf. Jn 1, 41) ou de Marthe disant à sa soeur Marie : « Le Maître est là et il t’appelle » (Jn 11, 28). Plus largement, au nom de la formule de saint Thomas d’Aquin selon laquelle « la grâce ne supprime pas la nature mais la parfait », il existe des conditions favorables à l’écoute de l’appel divin, à l’expression d’une réponse et à la persévérance dans une vocation reçue de Dieu. Nous nous proposons de donner ici quelques considérations générales sur la vie familiale pouvant favoriser l’accueil des vocations.

L’amour inconditionnel et vrai

Le Catéchisme de l’Église Catholique affirme que la famille est comme une « Église domestique » parce qu’elle est le lieu de la première annonce de la foi (§1666). Dès lors, il nous semble que les parents ont comme première mission de faire découvrir à chacun de leurs enfants la valeur de leur existence aux yeux de Dieu. Dans le dessein divin, la vie familiale doit permettre à chacun des membres de la famille de rejoindre le témoignage de saint Paul écrivant dans l’épître aux Galates : « le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Cette révélation atteindra les membres de la famille grâce à l’enseignement catéchétique mais également à travers l’amour concret vécu entre eux. Par exemple, la manière dont les parents manifesteront à leurs enfants que leur valeur ne dépend pas de leurs performances ou de leurs capacités contribuera largement à la découverte de l’amour inconditionnel de Dieu. Il faut en même temps affirmer qu’un regard béat d’admiration sur son enfant ne l’aide pas plus à faire cette découverte car l’amour divin est inconditionnel et vrai.

Si Dieu m’aime et que ma vie a du prix à ses yeux, il devient envisageable qu’il me parle et qu’il m’appelle à participer à la mission de l’Église. La vie familiale peut ainsi favoriser une capacité d’écoute de l’appel de Dieu. La « famille, Église domestique » saura par exemple être sensible aux appels extérieurs qui jalonnent sa vie : la paroisse a besoin de bras pour préparer la kermesse annuelle, une catastrophe naturelle a mis des centaines de milliers de personnes dans le besoin à l’autre bout du monde, une famille amie est traversée par une épreuve et demande l’aide de la prière… Les situations sont multiples et variées. Il n’est pas possible d’offrir systématiquement du temps ou de l’argent dans toutes ces situations. Il faudra donc faire des choix et manifester déjà que le Seigneur n’appelle pas à sauver le monde en général mais mon prochain c’est-à-dire celui qui se présente sur ma route. La charité des parents de Jean-Marie Vianney ou de Thérèse Martin façonnait déjà le coeur de ceux qui allaient devenir de si grandes figures de sainteté.
Enfin, il est toujours possible pour la famille d’exercer son sacerdoce par l’offrande de la prière. Une famille refusant de se laisser atteindre par les appels du monde qui l’entoure manque à sa mission d’éducatrice des vocations.

Apprendre à se donner

Entendre l’appel n’est pas encore y répondre. Comment la famille peut-elle aider à répondre et à persévérer dans la réponse à l’appel de Dieu ? Par elle-même, dans le projet de Dieu, la famille invite au dépassement de soi. Sa fondation sur le don réciproque des époux et sa vocation à la fécondité placent le don de soi-même au cœur de la famille. Les époux se donnent l’un à l’autre et la fécondité de leur amour les appelle à se donner encore. Quant aux membres de la fratrie c’est le modèle parental de vie donnée qui sera leur première initiation au don d’eux-mêmes. Ainsi, à travers sa constitution, la famille témoigne que « l’homme ne se trouve pleinement que par le don désintéressé de lui-même », selon la formule du concile Vatican II (Gaudium et spes, §24). Dès lors, si les membres d’une famille sont fidèles à cet appel de Dieu à se donner, l’appel du Maître recevra plus vraisemblablement une réponse. Gageons que l’expérience qu’a faite Marie du sens du service de sa sœur Marthe l’aide à répondre promptement à l’appel qu’elle lui transmet : « Le Maître est là et il t’appelle » (Jn 11, 28).

Enfin, nous devons souligner l’importance de l’éducation familiale pour persévérer dans la réponse à l’appel de Dieu. La vie familiale doit nous aider à cultiver la fidélité dans les relations. La fidélité aux rendez-vous fixes de la famille – repas, vacances, grandes fêtes… – seront l’initiation à la fidélité. Il apparaît également que la fidélité aux choix posés, même petits, s’apprend d’abord en famille. Les parents sauront-ils par exemple aider leurs enfants à persévérer dans l’activité choisie pour l’année ? À faire percevoir qu’une parole donnée ne peut pas être reprise à son gré ?

La famille est éducatrice des vocations. Les parents peuvent en être effrayés. Ce serait une erreur. Le choix du don d’eux-mêmes dans le mariage est déjà formateur de vocations. Il s’agit ensuite de prendre les décisions favorisant l’écoute intérieure et le désir de donner sa vie par amour de Dieu et de son prochain.

Père Philippe de Forges, diocèse de Paris

Être appelé à quoi ?

« Le Seigneur appelle. Il appelle chacun de ceux qu’Il veut voir devenir prêtres. Peut-être y a-t-il ici plusieurs jeunes qui ont entendu cet appel dans leur cœur, l’envie de devenir prêtres, l’envie de servir les autres dans les choses qui viennent de Dieu, l’envie d’être toute leur vie au service pour catéchiser, baptiser, pardonner, célébrer l’Eucharistie, soigner les malades… 

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