Les nouvelles des séminaristes d’Ile de France 1
L’institution de séminaristes au lectorat et à l’acolytat
Le vendredi 29 mai à 14h à Saint Germain l’Auxerrois au cours d’une messe présidée par Mgr Emmanuel Tois évêque auxiliaire de Paris, quatre séminaristes seront institués lecteurs et acolytes
Qu’est ce que l’institution ?
L’institution à un ministère est une étape importante pour un séminariste. En quoi concerne-t-elle aussi tout baptisé ? Quel est l’intérêt pour l’Église d’instituer des fidèles laïcs ? Voici un sujet d’actualité dont l’avancée permettra de mieux comprendre le rôle et la mission des prêtres et des laïcs dans l’Église.
Durant son parcours un séminariste franchit des étapes importantes, autant de jalons qui l’engagent progressivement dans sa détermination à être prêtre. L’Église, par la voix de son évêque, choisit le candidat afin de l’intégrer à sa mission de salut. Quelles sont ces étapes ? Elles sont au nombre de quatre. Après l’admission, le séminariste demande à être institué aux ministères de lecteur et d’acolyte : l’Église reconnaît en lui les aptitudes pour lire la parole de Dieu et servir l’autel. Il est alors institué comme « serviteur » pour une fonction précise. Nous nous arrêterons aujourd’hui à cette étape qui mérite d’être approfondie. En quoi consiste-t-elle en effet ? Tout laïc peut lire et servir la messe sans être institué ; or le séminariste, lui, est institué pour cette fonction. Lui-même a rempli cette fonction avant d’être institué. Qu’est ce que cela change pour lui et pour l’Église ? Voici quelques éclaircissements.
Un fondement baptismal
L’institution ne se fonde pas sur le sacrement de l’ordre que recevront les candidats au sacerdoce mais sur le baptême. Le fait de n’instituer que des séminaristes laissait planer une ambiguïté. Elle a été levée par saint Paul VI qui a ouvert l’institution à tout laïc. Le pape François a fait un pas de plus en ouvrant l’institution aux femmes le 10 janvier 2021. Ainsi, le séminariste est institué comme baptisé et, par sa formation, l’Église reconnaît en lui les aptitudes pour lire l’Écriture durant la liturgie et servir l’autel. Tout laïc qui acquiert ces compétences pourra donc être institué.
Un choix de l’Église
Qu’apporte l’institution ? Un engagement pour la mission de l’Église d’un côté – par une vie sacramentelle et une formation adéquate – et une reconnaissance des capacités à exercer une fonction particulière de l’autre. Contrairement au baptême ou à l’ordination par exemple, l’institution ne produit pas une grâce sacramentelle chez celui qui la reçoit, mais elle exprime un choix de l’Église.
Prenons l’exemple du ministère de lecteur : lors du rite, l’Église prie afin que le fidèle se nourrisse de la Parole, qu’il se laisse former par elle afin de l’annoncer avec fidélité :
« Recevez le livre de la sainte Ecriture et transmettez fidèlement la parole de Dieu ; qu’elle s’enracine et fructifie dans les coeurs. R/ Amen ».
Un fruit pour l’Église
Et donc, qu’apporte l’institution ? Du côté de l’Église d’abord, sa mission ne repose pas sur le seul sacerdoce ministériel, mais sur le sacerdoce baptismal, sur le peuple de Dieu tout entier. Tout baptisé, à travers les fonctions qui lui seront confiées, a le devoir de participer à la mission de l’Église. Dans la liturgie, celle de lire l’Écriture, servir l’autel, mais aussi celle de chantre par exemple. En dehors de la liturgie, mais non sans rapport, celle de la catéchèse pour les enfants, les adultes ou les catéchumènes, bref celle de l’enseignement de la foi. Enfin, la mission touche aussi le champ de la gouvernance. Le prêtre seul ne dirige pas l’Église. Les fidèles sont appelés, dans des domaines propres – finances, ressources humaines par exemple – à y participer. Offrir le sacrifice, annoncer l’Évangile et conduire l’Église, telle est la mission de l’Église exercée par des ministres distincts. Point essentiel qui est caché lorsque seuls les prêtres sont institués car alors se confondent le sacerdoce ministériel et les ministères.
Vivre l’Évangile avant de le proclamer !
Du côté du fidèle, l’institution engage à se laisser « configurer » au Christ. Une formule qui revient souvent pour marquer les étapes dans la formation des séminaristes est la suivante : « Que Dieu luimême achève en vous ce qu’il a commencé. » Celui qui est institué lecteur a découvert que Jésus est la parole vivante de Dieu. Lire ne se limite pas à bien prononcer les mots de l’Écriture mais à les vivre ; celui qui est institué acolyte a découvert l’offrande que Jésus fait de sa vie. Servir l’autel et célébrer l’eucharistie implique d’offrir sa vie. Autrement dit, l’institution marque une étape dans un chemin où le fidèle prend la mesure de la grâce de son baptême, qui le transforme à mesure du don de lui-même. C’est vrai pour le prêtre. C’est vrai également pour tout baptisé qui suit le Christ et veut devenir disciple missionnaire.








